LA CLEMENZA DI TITO - MOZART

mise en scène, décors et costumes : Pierre-Emmanuel Rousseau

lumières : Gilles Gentner

Co-production : Opéra de Rennes - Nantes Agers Opera

La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
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La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
La Clemenza di Tito - Mozart
photos : Laurent Guizard

" (...) Dans une référence explicite au film Les Damnés de Luchino Visconti, Pierre-Emmanuel Rousseau, à la fois metteur en scène, décorateur et costumier, fait de Vitellia une Baronne Sophie von Essenbeck, trouvant en la soprano Roberta Mameli de troublantes ressemblances avec Ingrid Thulin (...) Mais il y a aussi un souvenir de Pasolini, quelque chose de mussolinien dans ces chemises noires (...) Après l'incendie du Capitole, avec force brûleurs, les murs sont ravagés, carbonisés, détruits, et une fine pluie de cendres envahit la scène, composant un intense tapis funèbre (...) Si le spectacle marque de sa densité une oeuvre plutôt statique, la cohérence visuelle du propos impose parfois une certaine rigidité , dont il faut extraire les corps (...) Cette Clemenza mérite toute notre bienveillance ."

Opéra Magazine, avril 2020

" (...) Dans le marbre noir d'un palais mussolinien bientôt réduit en cendres (du noir sur du noir : impressionnant lever de rideau de l'acte II), Pierre-Emmanuel Rousseau prend Vitellia comme pivot du drame, sur qui tous les regards des hommes convergent, qui joue ... et se perd, désaxée par sa fureur. L'intiution fonctionne, surtout lorsque l'on dispose d'une chanteuse avec un si puissant tempérament : la très viscontienner Roberta Mameli brûle les planches. (...) Grâce au travail de Pierre-Emmanuel Rousseau la troupe a pris au sérieux les récitatifs, particulièrement soignés (...) "

Diapason, avril 2020

" (...) c’est ce soir le noir et blanc qui s’impose avec une folle élégance. Le Capitole resplendit de marbres précieux et de néo-classicisme triomphant au premier acte pour n’être plus ensuite que décombres ensevelis sous les cendres. (...) L'installation d'un banquet alors que le palais brûle est même assez incongrue, mais la plastique impeccable de l’ensemble et la belle direction d’acteur emportent l’adhésion. La plus grande audace réside probablement dans le final : Leopold II, le roi de Bohème qui avait commandé l’œuvre à l’occasion de son couronnement, aurait sans doute peu apprécié de voir l'empreur abattu aux dernières mesures! Par ce choix, Pierre-Emmanuel Rousseau respecte pourtant la volonté affichée de Titus qui clôt la représentation appelant à ce qu’on l’abatte si il comment la faute de faire prévaloir d’autres intérêts à ceux de Rome. Par sa clémence, il choisit précisément d’être moins monarque qu’homme. Or, « un roi faible est un roi qu’on élimine » souligne le metteur en scène dans le programme de salle. (..) "

ForumOpéra, mars 2020

 

" (...) Pierre-Emmanuel Rousseau opte pour une approche intemporelle dans une pièce de salon du palais impérial qui pourrait tout aussi bien abriter Le Chevalier à la Rose, et que l’on retrouve au second acte dégradé par l’incendie de Rome et jonché de cendres. Ce décor ainsi que les costumes sont du meilleur goût tandis que la direction d’acteurs, particulièrement fouillée, assure une remarquable fluidité et une parfaite lisibilité de l’intrigue et des tourments des protagonistes. L’ensemble serait totalement fidèle si ce n’était la scène finale énigmatique où Vitellia semble sombrer dans la folie alors que Publius abat Titus d’un coup de pistolet dans le dos. (...) Les vertus de cette coproduction avec Angers Nantes Opéra nous permettent en tout cas d’oublier les codes et les contraintes de l’opéra seria pour partager les souffrances et les rares moments d’apaisement de tous les personnages (...) "

Resmusica, mars 2020

"  (...) Le spectacle s’articule autour d’une idée à ce point limpide qu’on s’étonne qu’elle n’ait pas été plus souvent mise en œuvre par les metteurs en scène et scénographes : l’incendie du Capitole permet d'établir, dans la tragédie, un avant et un après, et constitue ainsi un pivot symbolisé visuellement par la destruction presque complète du décor du premier acte – que le spectateurs découvrent brisé, calciné après l’entracte. La vision de ce palais ravagé par les flammes (le sol est entièrement recouvert de cendres noires) et de cadavres enveloppés dans des linceuls, au lever du rideau, suscite dans le public une émotion palpable… À partir de là, la machination ourdie par Vitellia au premier acte (la princesse y apparaît hyper sexuée : on comprend très vite que cette apparence relève, de sa part, d'une stratégie pour séduire Sesto, le faire tomber dans ses rets et le manipuler) s’emballe et plus rien ne semble devoir l’enrayer, jusqu’au désastre final : Vitellia, dévastée par le remords, perd la raison (son « Non più di fior », véritable scène de folie chantée d’une voix blanchie par une femme hagarde aux gestes désordonnés, est peut-être, dramatiquement, l’un des moments les plus forts auxquels il nous a été donné d’assister cette saison…) ; Sesto, blessé (sans doute suite à l’interrogatoire brutal qu’on lui a fait subir pour lui faire avouer son crime), est entre la vie et la mort ; et Titus, qui pensait, en pardonnant aux conspirateurs, s’être construit une statue pour la postérité, est froidement abattu par Publio… C’est intelligent, fort, puissamment dramatique, et cela met définitivement à mal l’image d’un opera seria bavard, long et un peu terne, encore trop souvent attachée à l’ ultime chef-d'oeuvre de Mozart. (...) "

Première loge, l'art lyrique dans un fauteuil, mars 2020

" (...) Assurant l'ensemble de la conception visuelle et théâtrale du spectacle, rehaussée par les lumières efficaces de Gilles Gentner, Pierre-Emmanuel Rousseau n'y déroge pas. Dans un décor de marbre noir trône une maquette d'un nouveau Capitole au dessin proche de l'esthétique Sécession. Si la note d'intention témoigne d'une inspiration puisée dans Les Damnés de Visconti, jusque dans la psychologie de Vitellia, l'ensemble affirme une sobriété classique que lécheront les flammes avant d'être recouvert de cendres tombant des cintres, comme cela a été déjà vu ailleurs. Avec un palais impérial figé dans ses restes crématoires, le second acte scande intelligemment le propos dramatique. Le rideau s'ouvre sur quatre grabats mortuaires sur lesquels gisent des cadavres enveloppés dans un noir suaire d'urgence en néoprène. Uniformes et tenues de soirée évoqueront sans doute l'atmosphère délétère des régimes nazis ou fascistes. L'essentiel réside surtout dans cette morbidité croissante des sentiments et de la souveraineté, graduée, qui n'aura d'autre issue que le sacrifice d'un souverain devenu faible à cause de sa bonté, et que Publio, garant de l'autorité répressive du pouvoir assassinera d'un coup de pistolet –seule entorse à la lettre et à son lieto finale (fin heureuse). Investissant la direction d'acteurs lisible et signifiante voulue par le metteur en scène français, la distribution vocale décline une galerie de portraits où la musique se conjugue à l'expression. (...) "

Ölyrix, mars 2020

" (...) Pierre-Emmanuel Rousseau réussit là un vrai tour de force et nous tient en haleine pendant les deux actes, par la cohérence et la vitalité de son propos. Tout s’enchaîne et à aucun moment nous ne sentons le poids de l’ennui ou de la lassitude. Il nous raconte une histoire dont nous ne voulons pas perdre une miette et comme des enfants attentifs, nous sommes pendus à ses lèvres. Grâce à cette vision énergique, il exorcise la malédiction qui semble attachée à cet opéra et les deux heures et quarante minutes du spectacle défilent sans encombres. (...) "

Unidivers.fr, mars 2020

La Clemenza di Tito - Mozart

photo : Laurent Guizard